jeudi 9 février 2012

Toast

You know, you remind me of a poem I can't remember, and a song that may never have existed, and a place I'm not sure I've ever been to.

Je lève mon verre à tous ceux que je ne suis pas, à la multitude des vies que je n’ai pas choisies, que je n’ai pas subies. Où sont-ils donc, les autres moi-même des autres univers où je n’existe pas ? Dans quel plan d’existence ont-ils glissé. Quelle réalité parallèle à la notre les abritent ? Sont-ce mes reflets ou suis-je le leur ? Ô Ambre, Ambre, cité mythique, mère des civilisations. Les caches-tu ? Arpentent-ils tes rues pavées de cristal ? Quel est leur plan, quels sont leurs plans ? A vous, que vos vies soient douces, que vos choix comme vos non-choix génèrent le chaos des échos des milliards de vies et configurations d’existence que l’on puisse imaginer, une infinité de destin allant au gré des inspirations humaines, comme les aigrettes des pissenlits, dérisoires montgolfières végétales, méduses diaphanes portées par les vents chauds d’ouest, par le souffle de gosses hilares, ou plus rarement par celui de quelques adultes à l’âme d’enfant éternelle. Ils ont pris soin de s’assurer au préalable que l’on ne les regardait pas. Pourquoi ?

mardi 20 décembre 2011

Le Père Noël est un nazi.

Ça parait comme ça une évidence. On le sait tous et depuis bien longtemps. Le Père-Noel est un fasciste de la pire espèce. Pas besoin donc d’en faire une chronique pédagogique autant que chronophage (si je mets une heure à l’écrire, ça devrait en toute logique vous prendre une heure pour la lire) pour expliquer des choses qui tombent sous le sens. Pourtant, certains, qui comprennent vite mais à qui il faut expliquer longtemps, vont me harceler de questions oiseuses si je ne développe pas un tant soit peu ma pensée. Cette chronique leur est donc dédiée. Les autres, ceux qui, comme moi, savent quel perfide personnage se cache derrière le visage rubicond et jovial de ce gros con nordique, je vous adresse un sourire entendu et vous dispense de la présente lecture. Allez en paix. Nous nous sommes compris.

jeudi 1 décembre 2011

Punch Coco (2ème partie)

Now the dream is gone
And your life tell you lies
Then you realise
You're gonna die anyway
- Therapy?

Depuis l’autre bout de la petite maison de banlieue, une voix s’élève de la cuisine pour dire qu’elle n’est pas d’accord. Pfff. Mais qu’est ce qu’elle peuvent y comprendre les femmes, il dit à son fils, d'abord ? Hein ?

Mais qu’est ce qu’ils peuvent y comprendre les hommes aussi ? Quel cerveau peut bien comprendre un manège aussi violent, un truc idiot comme ça, un truc de malades, de tarés qui passent leurs soirées à s'éclater ainsi la tête à coup de poing chaque jour que Dieu aurait mieux fait de rester coucher. Truc de con, va. Putain de loisir.
Qu'y a t'il à comprendre à ce qui vient de là, des tripes. Ce jeu barbare venu du fond des âges, tout à la foi art martial, parade nuptiale, affirmation du chef de meute, rituel pour imposer sa domination au groupe...

La raison du plus fort, l’oraison du plus mort.

dimanche 27 novembre 2011

Punch Coco (1ère partie)

Win with class, lose with style.
- Anonymous.

Il tombe à terre, un semi-remorque fou vraisemblablement piloté par un cosaque ivre, ou alors un super tanker chargé d’une cargaison complète de lingots de plomb, douze à la dizaine, ou alors n’importe quoi de gros, de lourd, et qui fait mal, genre les allemands, vient de finir sa course dans sa fosse nasale.

Dans l’océan de souffrance qui le submerge, il laisse derrière-lui un sillage de sang, tracé par un paquebot avec un capitaine au nom court, Nemo ou Nelson, quelque chose du genre. Quitte à choisir il aurait préféré fourrer son pif dans les nichons de Pam, plutôt que dans la droite lestée d’un connard. Pas qu’ils sont plus tendres mais au moins leur cuir sent bon. Le gant du connard, il pue. La sueur, le talc bas de gamme et le musc de la peau tannée d’un pauvre bovidé qui a du brouter l’herbe d’un champ qui depuis longtemps déjà est devenu un parking.

vendredi 7 octobre 2011

Le cœur d'un système déprimogène.

Peu de personnes peuvent se vanter aujourd'hui d'être assez cyniques, abjectes et obsédées pour nommer et définir elle-même leurs propres déviances et leurs propres crimes. Un tueur en série ne se définit pas lui-même comme "l'amputeur du Bronx" ou "le collectionneur de foie". Rarement il admettra être un fêlé de la plus belle espèce, ce que les médecins appellent de manière pudibonde "psychopathologie " et la sagesse populaire "putain de gros taré".

mardi 20 septembre 2011

La fois où je suis mort deux fois

"This is the blackest day for Grand Prix racing that I can remember"

- Murray Walker, correspondant pour la BBC.


Je suis mort une seconde fois, le lendemain. La première, pourtant, elle m’appartient. Elle est rien qu’à moi. C’est pas que c’est jojo mais celle-là, au moins, on pourra pas me la prendre. Elle avait de la gueule. J’ai fait mes adieux à la carrière à ce moment. J’aurais presque pu rentrer dans la légende. C’est rageant. Nous autres compétiteurs, savons que ce qui différencie les grands succès des défaites amères se joue en général à bien peu de chose : un geste, une action, un instant, mais là, c’est à une journée près quand même. Alors, ça fait encore plus mal. Parce que j’étais le premier. Le premier, putain. Ça m’est pas arrivé si souvent.

vendredi 9 septembre 2011

Insuffisant

Yop, de retour après une trèèèèèèèèèèès longue absence cause plein de trucs à faire moins important que d'écrire, mais je vais tâcher de m'y remettre un peu. Je vous fais part d'une bonne nouvelle (hahaha), j'ai plus ou moins été primé à un concours de nouvelle auquel j'ai participé il y a des lustres. Selectionné dans la catégorie "coup de coeur du jury", le thême imposé était "le rouge" et c'était organisé par la médiathèque de la petite ville de Trets, vers Marseille. Vlà la bête, à vous de juger si ça mérite.

C'est pas moi. C'est pas ma faute.

Je le dirai à ma mère d'abord que c'est à cause de toi, que moi je n'ai pas copié et que tout ce rouge sur mon cahier, c'est pour toi. Je lui dirai. Et ma mère, elle n'est pas commode, je te ferais dire. Il y a des tas de meubles comme ça qu'elle n'est pas, ma mère. Et commode est franchement un de ceux qu'elle est le moins, ça c'est sûr.